Le titre originel de notre jardin « The True Man Sows » (Le vrai homme sème), réduit par la suite à « Le Jardin de Truman », fait écho au film The Truman Show, dans lequel Truman découvre progressivement que le monde dans lequel il vit est artificiel. En reprenant cette double lecture, le jardin met en parallèle l’illusion du film et notre rapport aux aménagements paysagers, notamment dans sa dimension écologique.
Comme dans le film, le parcours débute dans un décor géométrique et maîtrisé, aux apparences rassurantes mais anachroniques (présence d’enrobé…). Peu à peu, ce cadre se fissure et laisse place à une végétation plus diverse, voire exubérante. Après la traversée de la « mer », nous proposons un autre espace, reprenant les codes du naturalisme, il prône une esthétique différente, encourageant à la remise en question (végétaux moins connus, maintien des floraisons sèches, refuges de biodiversité…).
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En français, le titre du jardin se traduit littéralement : “Le vrai homme sème”. Il fait écho au film culte The Truman show (Peter Weir, 1998) dont le personnage principal, Truman Burbank, est interprété par l’acteur Jim Carrey. Héros d’une téléréalité à son insu, Truman va progressivement réaliser qu’il vit dans une illusion. En évoquant quelques étapes importantes de ce parcours, le jardin encourage une autre prise de conscience, écologique, qui place l’humain et ses gestes au cœur du récit.
Tout comme le film, le jardin débute dans un environnement géométrique et contrôlé dont rien ne dépasse, un espace aux codes classiques rassurants, au pavage régulier, mais dont la superficialité et l’anachronisme sont à remettre en question. Bientôt des incohérences se font jour, le chemin se délite à l’instar de la réalité de Truman. Y aurait-il des manières de vivre, d’aborder le jardin de façon moins artificielle ? Le personnage se croit libre de choisir, alors qu’il s’engage dans une impasse.
Une ouverture dans le décor invite à prendre le large vers une végétation plus libre et intéressante. Truman cherche à quitter son île et traverse la mer en quête de vérité, avant d’atteindre une nouvelle limite, la fin du monde dans lequel il est maintenu. Le ciel n’est qu’une peinture sur une paroi. Quelques marches y sont sculptées, qu’il lui suffit de suivre jusqu’à une porte.
Le film se termine là, laissant les spectateurs imaginer la suite. Que découvrira le protagoniste au-delà de la porte en forme de lune ? Une réponse qui reste en suspens pour Truman, mais à laquelle le jardin apporte une interprétation : la possibilité de choisir son propre chemin en pleine conscience. Des alternatives existent, qu’il s’agisse de plantes cultivées, de méthodes d’entretien ou de pratiques de réemploi, afin de redonner au jardin la capacité d’évoluer, de surprendre et d’entrer en résonance avec ceux qui le vivent.
CONCEPTEURS
Louna ROCQUIN-GENIEZ, Fanny SUERE, Lucas LEBLANC, Paul GRIMAULT, Juliette GARD, Maëlle JUHEL, Julie VAN INHGELANDT, étudiant•e•s
INSTITUT AGRO RENNES-ANGERS
FRANCE

Fanny Suere, originaire de Nantes, a grandi au cœur des paysages ligériens, qui ont constitué ses premiers terrains de sensibilisation au paysage. Elle a exploré ces espaces au fil de déambulations, guidée par sa curiosité et une attention particulière portée à son environnement. Nantes lui a offert une expérience sensible des espaces publics, où usages ordinaires et expressions artistiques cohabitent. Son parcours est guidé par un fil conducteur : le plaisir d’apprendre. C’est à travers une formation en génie biologique, option agronomie, qu’elle approfondit les fondements du vivant, puis lors d’un apprentissage aux pépinières La Forêt, qu’elle découvre la production horticole. Le paysage s’impose alors comme un champ d’action idéal, capable de conjuguer ses savoirs pour concevoir des aménagements respectueux de leur environnement. Elle s’oriente vers l’ingénierie du paysage à l’Institut Agro Rennes-Angers, où elle développe une approche à la fois collective et technique du projet, à des échelles variées. Elle s’implique dans plusieurs projets professionnels et académiques, parmi lesquels l’exposition étudiante Vingt mille lieux sous le vert (Expo Flo, édition 2024), un stage d’études dans une organisation environnementale à Québec et une participation au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire. Elle exerce par ailleurs depuis trois ans en alternance au sein du bureau d’études Guillaume Sevin Paysages, contribuant à la conception et à la réalisation de projets de maîtrise d’œuvre.
Louna Rocquin-Geniez
“Depuis petite et grâce à ma famille, j’ai eu la chance de développer une fibre artistique à travers le dessin et la peinture. J’ai toujours aimé représenter les choses qui m’entourent et en créer de nouvelles, et j’ai longtemps cru que ce centre d’intérêt me mènerait vers un métier d’art, comme l’illustration ou l’animation. En parallèle, je suis originaire de Montpellier et j’ai passé ma vie entourée par la mer, la rivière et la montagne. La nature a toujours été au cœur de ma vie, et mes proches ont su me partager leur savoir, éveillant ma curiosité et ma passion du vivant, en particulier du végétal. C’est donc tout naturellement que l’univers du paysage s’est imposé à moi au fil de mes études, avec un objectif initial très simple et naïf : je voulais dessiner des plantes. Après quatre années de formation autour du paysage, incluant un BTS Aménagements paysagers et deux licences professionnelles, dont une en infographie paysagère, ma vision du métier de concepteur paysagiste et du paysage s’est affinée. De nouvelles thématiques sont venues enrichir ma passion du métier et mes ambitions. C’est avec ce bagage technique et artistique que je suis entrée en formation d’ingénieur du paysage en apprentissage à l’Institut Agro Angers, avec la volonté de réaliser des aménagements paysagers innovants où l’écologie serait une composante essentielle.”
Lucas Leblanc, né dans le Gers, a développé une sensibilité aux paysages et aux milieux naturels au cœur de ce territoire rural, notamment grâce à l’influence de ses parents, tous deux forestiers de formation. Après un baccalauréat général, il s’oriente vers un BTS Aménagements paysagers, formation déterminante qui lui permet d’acquérir une approche technique et concrète de l’aménagement paysager. Actuellement étudiant à l’Institut Agro Rennes-Angers, il est apprenti au sein d’Artifex, où il participe à la réalisation de volets paysagers d’études d’impact environnemental, ainsi qu’à des missions de conception et de suivi de chantier. Cette expérience, ancrée dans une approche territoriale et réglementaire du paysage, nourrit sa réflexion et vient enrichir une pratique qu’il souhaite, à terme, orienter vers la conception de paysages à échelle humaine, où le jardin devient un espace intime de dialogue entre nature, usages et sensibilité.
Paul Grimault
“D’aussi loin que je m’en souvienne, c’est le visionnage d’un documentaire sur la pêche industrielle, lorsque j’avais 5 ans, qui m’a révélé la nécessité de protéger le vivant. Ma mère a renforcé ce besoin brûlant en nous éduquant, ma sœur et moi, au respect du sol, de l’eau et de l’air. Elle nous a appris l’importance des aliments vivants, provenant d’une terre riche et vivante, issus d’un travail collectif entre l’homme et la nature. Je me suis formé au paysage, voyant dans cette discipline une action concrète pour aménager les territoires dans le respect de notre environnement, de l’échelle du jardin à celle du grand territoire. J’ai commencé mon parcours par un BTS Aménagements paysagers, où j’ai pu apprendre très concrètement le travail du paysagiste sur le terrain, avant de poursuivre avec le cursus d’ingénieur paysagiste, durant lequel j’ai pu imaginer des projets en suivant mon idéal. Participer au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire était une occasion unique d’aménager un jardin en insufflant la présence du vivant, si précieuse pour nous tous, et de faire comprendre au plus grand nombre la nécessité de le protéger.”