Feuille de route

L’année 2026 à la FFP

AGIR ! maintenant et prendre date

Cette feuille de route sera soumise au débat et au vote avant application.

Depuis sa récente création, notre profession n’a cessé de débattre en interne pour obtenir une meilleure organisation et une meilleure reconnaissance. Aujourd’hui, après pourtant de notables avancées, nous nous retrouvons face à des changements majeurs, d’ordre climatique, économique et sociétaux, tous susceptibles de bouleverser un cadre connu. Il faut nous adapter à ce changement. Nous nous situons à un point de bascule qui appelle toutes et tous à agir radicalement pour ne pas dépendre des événements mais pour les anticiper afin de tracer un futur soutenable pour les paysagistes concepteurs.

« Réussir » signifierait aboutir à un nouveau développement de notre profession encore trop peu présente en nombre, « ne pas réussir » serait se résigner à notre marginalisation ; ce que nous voulons bien entendu éviter, alors même que les enjeux environnementaux et climatiques sont demandés et brocardés de partout !

Il est donc urgent d’agir, en prenant une option résolument positive sur notre futur, en proposant un changement concret, un positionnement lisible et compréhensible par tous, en 3 points :

1. Adopter en France, le titre intelligible, international, d’« architecte paysagiste »

Ce n’est pas une question, et ce n’est même plus une demande. L’évidence s’impose, après ce grand moment de partage international de l’IFLA Nantes organisé par la FFP. Ensemble, avec tous nos confrères et consœurs aujourd’hui dénommés « paysagistes concepteurs », nous sommes en réalité « architectes-paysagistes » comme tous les autres « landscape architects » du monde entier. Réparer cette injustice ne peut plus être mise en doute, conditionnée, reportée ; ce n’est pas négociable, c’est ici et maintenant.

Actions :

  • Immédiate : je change ma carte de visite et mon site web aujourd’hui. Adieu « paysagiste concepteur », bonjour « architecte paysagiste ».
  • Demande officielle par la FFP de passer par la loi pour remplacer, dans tous les textes officiels, le mot « paysagiste concepteur » par « architecte paysagiste ». Soit une modification simple de vocabulaire, remplaçant un mot par un autre. Un petit pas pour le législateur mais un grand pas pour la reconnaissance de la profession !
  • Aucune réserve d’activité n’est demandée avec ce changement mot pour mot. Le paysage, ou plutôt « l’architecture du paysage » est un secteur de prestations intellectuelles ouvert à différentes professions de conception et d’ingénierie. La justesse de l’appellation de chacun favorise la bonne compréhension des compétences des uns et des autres par les maîtres d’ouvrage.

2. Faire connaître ce qu’est une « agence de paysage »

L’idée de nommer certaines agences « agences de paysage » à l’instar des « agences d’architecture » est débattue depuis quelques temps à la FFP. Se joue dans ce débat la reconnaissance d’une activité « d’architecte paysagiste » comme figure principale ou marquante d’une entreprise pouvant être composée de disciplines diverses.

Pour obtenir la reconnaissance « agence de paysage » il faudrait donc qu’un ou une architecte -paysagiste soit partenaire principal, ou minoritaire, d’une agence de conception, avec un minimum (à définir) de l’ordre de 25%. Cela permet de promouvoir les agences dirigées par des paysagistes, mais aussi, des paysagistes partenaires d’une agence dirigée par d’autres types de concepteurs, par exemple architecte, pourraient également répondre à un AO de paysage, en tant qu’agence d’architecture spécialisée dans le paysage. Les agences de concepteurs ne possédant aucun partenaire « architecte-paysagiste » ne seraient pas interdites de répondre à des AO de paysage, mais ne pourraient se prévaloir d’être des agences de paysage. Nous obtiendrions ainsi une distinction notoire, éclairante pour les maîtres d’ouvrage.

Action : un grand débat sur ce sujet est nécessaire, afin d’aboutir à un consensus. La création de cette appellation ne pourra intervenir que si la question du titre d’architecte-paysagiste est résolue.

3. Valoriser notre maîtrise d’œuvre spécifique du « vivant » en instaurant une « professionnalisation »

Notre profession œuvre directement pour la transformation concrète et physique de nos territoires afin de les adapter au changement climatique et d’aider les populations à mieux supporter les variations et les aléas induits. Afin de renforcer les capacités de transformation appliquée par les jeunes diplômés, les études en architecture du paysage doivent être complétées par une « initiation à la pratique » chez des professionnels expérimentés, sous le contrôle d’enseignants praticiens.

À cette fin, une « licence d’exercice » s’ajouterait au diplôme de « paysagiste DE », validé par le titre « d’architecte-paysagiste » du ministère, ouvrant droit à une maitrise d’œuvre qualifiée. Une démarche parallèle à celle HMONP de nos confrères et consœurs architectes. Dans d’autres pays européens comme en Allemagne, la licence d’exercice est obligatoire pour signer des projets de réalisation de paysage, les assurer, etc.

La FFP à qui le ministère a déjà confié par le passé la gestion du titre au travers de l’organisation d’un « office de qualification », est la mieux placée pour assurer la certification et la régulation de cette licence d’exercice : dans cette optique, la FFP devra nécessairement adapter son statut, en séparant ses activités régulatrices de celles à caractère syndical. 

Actions :

  • Mise en place avec les ministères, les écoles d’architecture du paysage et la FFP d’un processus de professionnalisation, par instauration d’une « licence d’exercice ». Cette licence intervient après diplôme de paysagiste DE ou équivalent européen donnant droit au titre d’« architecte-paysagiste » (en remplacement de paysagiste concepteur).
  • La licence d’exercice sera associée à toute personne exerçant déjà son activité, et reconnue comme architecte paysagiste, ainsi qu’à toute personne titulaire à la fois du diplôme de paysagiste DE et de la validation du titre d’architecte-paysagiste , accompagné d’une période de professionnalisation de minimum 6 mois dans une « agence de paysage », ou une « agence ayant la compétence de paysage » (donc compétence parmi d’autres). La licence est délivrée par un jury formé d’architectes-paysagistes enseignants, de praticiens. 
  • Un organisme devra assurer le contrôle et le suivi du processus de professionnalisation. La FFP propose de mettre en place ce système, en accord avec les ministères et les écoles de paysage.
  • La FFP changerait alors nécessairement de statut pour devenir, à l’échelle nationale, un organisme certifiant : la FFP deviendrait ainsi une institution de contrôle, et de suivi des aspects réglementaires du titre d’architecte paysagiste. L’adhésion à cet organisme deviendrait obligatoire pour tout architecte paysagiste souhaitant exercer.
  • Parallèlement à la FFP reconnue comme organisme certifiant, et agissant comme tel, un syndicat de l’architecture du paysage « SAP » pourrait être mis en place afin de défendre les intérêts des architectes paysagistes et de proposer des avancées professionnelles et sociales. L’adhésion au SAP est facultative.

Henri Bava et le Conseil d’Administration de la FFP

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